roman 2020 proposé au concours Amazon Plumes francophones

Un roman de science-fiction, un roman d'anticipation, qui naturellement parle du maintenant en regardant de loin, un millénaire plus loin.
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"Après l'énergie anti-électrique"
Du 22 août 2020, septième roman.

Papier à 12 euros. 160 pages.
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2 euros 99 en numérique :
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Extrait, où il est question du CMM, le Club des Maîtres du Monde.

XXI

Suffisamment de documents, d’origines variées, nous permettent d’avancer qu’au sixième grand confinement, la géolocalisation resta optionnelle, permettant aux "bons citoyens" déclarés négatifs au dépistage, de se déplacer. Cet acte 6 constitua un test "grandeur nature" de la technologie, des logiciels et procédures.
Les satellites, opérateurs téléphoniques et services informatiques, secteurs fondamentaux regroupés dans la sécurité de l'union, quadrillaient déjà 100% du bloc européen avec une capacité de suivi de l'ensemble de la population. Le lancement de 14 nouveaux satellites avait permis de détecter toute présence humaine non pucée. Mais un bug subsistait, la localisation de nombreux humains sur les toits des églises. La présence de 14 à 20 pigeons dans un mètre cube émettait des ondes codifiées comme celles d’un humain ! Il fut plus facile de légitimer l’extermination des pigeons que de raser les églises, des grandes bâtisses du culte chrétien presque toutes tombées lors du choc des termites.

De cette époque nous est parvenue un résumé de l’inquiétude des esprits les plus éveillés : « Ce qui est techniquement possible, sera réalisé » (Denis Gabor, dont nous ignorons tout)
Avant ce septième grand confinement, le virus, inventé en laboratoire, fut dispersé via ces pigeons et tourterelles. Ce fut ainsi l'occasion officielle de les exterminer. Trois mois avant sa dissémination, l'oligarchie avait reçu le vaccin protecteur. Cette "oligarchie", organisée en strates, regroupait les 2% les plus riches de la planète, soit en membres effectifs 0,4%. Un membre pouvant accorder des privilèges à sa famille. Suivant le niveau de fortune, la famille s’entendait au sens plus ou moins large. Il était possible, en réglant une cotisation supplémentaire, d’accéder aux avantages du rang supérieur. D’après l’enquête lue par mon grand-père, ce groupe contrôlait 92% des biens, hors propriété des états, domaine ayant été réduit à peau de chagrin. Naturellement il ne les utilisait pas, en louait une grande partie, en tirant ses principaux revenus. Sous eux, 11% en possédaient 7%. Et le reste pour la masse, le peuple. Surtout des casseroles, des récipients, des verres, des vêtements, un lit, des écrans.
Cette organisation était parfaitement légale, le CMM, club des Maîtres du Monde en français, traitait d’égal à égal avec les Présidents des États, participait aux grands sommets mondiaux. Seules certaines de ses « opérations » restaient secrètes. Leur histoire est aussi celle d’une patiente ascension : ils ont d’abord pratiqué du lobbying, arrosant les élus, jusqu’à parfois les acheter pour obtenir les lois désirées puis ils sont parvenus à infiltrer les gouvernements, heureux quand ils décrochaient un maroquin de secrétariat d’État, une avancée lourde de sens, il n’y avait plus d’un côté les méchants affairistes et de l’autre les nobles politiques, ils devenaient fréquentables en plein jour. Par glissements successifs ils en sont arrivés à diriger les principaux partis du pays, dès lors les différences relevaient totalement du piège à électeurs et les alternances se dessinaient en pile ou face de la même pièce par les rares politologues non inféodés, les autres continuant à faire croire au sens des mots vides.
L’accaparement des logements fut l’un de leurs premiers « dossiers secrets » : dans la plupart des pays, le logement locatif "de base" fut longtemps géré en service public avec des conditions préférentielles, des tarifs bas, pour les plus pauvres, qui pouvaient se cumuler avec de nombreuses « aides au logement. » Dans sa phase d’expansion, où la spéculation régnait, car trop de biens étaient disséminés, l’oligarchie avait régulièrement su contraindre les États de nationaliser ses pertes, les épurer, en jouant sur le chantage à l’emploi (« aidez les patrons sinon des milliers de salariés seront licenciés »), tout en récupérant sans scrupule les périodes fastes, les bénéfices, où finalement les salariés étaient virés si d’autres pays offraient des bras disposés à s’activer pour moins. À force de venir au secours des plus riches, un jour les États furent exsangues. Et l’oligarchie récupéra ainsi leur parc immobilier, dans des conditions très avantageuses.
Dès que l’un des leurs entra à l’Élysée, il appliqua sa version du « revenu d’existence pour tous », qui remplaçait toutes les aides, et les plus défavorisés, enthousiastes au départ, découvrirent ainsi obtenir moins tandis que les plus riches, exclus de "la redistribution", encaissaient la même somme. Tout cela naturellement, officiellement, devait profiter aux plus pauvres, car plus les riches seraient riches, plus le ruissellement de l’abondance irriguerait les serviteurs de la France d’en haut.
Et comme ce cercle restreint gérait également les « terrains constructibles », il parvint à confisquer pour leur logement la quasi totalité des revenus des pauvres et de la « classe moyenne. »
Selon grand-père, à une période, même les pauvres possédaient leur logement, certains l’avaient construit de leur main, d’autres hérité de leurs parents, d’autres acheté dans des secteurs à très bas prix, par exemple les campagnes ou les villes après une crise économique. Les différentes « grandes catastrophes », en réduisant la population, entraînaient mathématiquement plus de logements pour les survivants.
Il ignorait le nom du Président idolâtré pour avoir supprimé les droits de succession sur l’héritage immobilier. Le peuple cria victoire. Il n’avait pas capté la contrepartie : l’augmentation des taxes foncières sur le bâti et le non bâti. En quelques années, le prix des terrains à bâtir devint plus important que le prix d’une maison précédemment. Quelques décennies plus tard, une grande mesure sociale compléta le tableau : la suppression de la taxe d’habitation… dont les plus bas revenus étaient exonérés ! Et ces plus pauvres rapidement ne pouvaient plus payer leur taxe foncière. La propriété de leur logement par les pauvres était intolérable au CMM. Car un locataire, ça ferme sa gueule et ça marche au pas, quand ça sait qu’en cas d’exclusion, la direction c’est sous un pont ! Dépendance totale : soumission totale.
Les médias se chargeaient de régulièrement rappeler les estimations officielles : dans la rue, une femme était violée sous six jours et un homme sous quinze. La moitié des femmes et un tiers des hommes assassinés sous un mois. Quant aux enfants et adolescents, sous un mois tous étaient récupérés, même les plus rusés et violents, par des réseaux de prostitution ou de trafics d’organes. Les femmes et les hommes les moins abîmés intéressaient les mêmes filières. Les reins, les cœurs et les yeux constituaient les denrées les plus exploitées.
Les dangers de cette « loi de la jungle » permettaient de maintenir la paix sociale. Les puces ont certes restreint des libertés et les perspectives mais ont résorbé ces poches de barbaries. Le CMM n’en avait plus besoin, la situation étant stabilisée, le conservatisme succéda à la spoliation.
Oui, ces explications souffrent d’imprécisions mais elles regroupent nos connaissances, exposent les mécanismes inventés par les privilégiés pour asseoir leur domination, tout en se déclarant humanistes, médiatisant leur générosité.

 photo roman 2020 énergie anti-électrique

roman 2020 énergie anti-électrique





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Article du 23 aout 2020 à 09 : 15.

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